Comment se libérer des images traumatiques d’une mort violente ?

Traumatisme lié au deuilLors d’une mort par suicide, ou lors d’un attentat comme ceux que nous avons vécus ces dernières années, le deuil peut s’accompagner du trouble de stress post-traumatique ou TSPT encore appelé syndrome de stress post-traumatique (PTSD).

Un décès brutal, violent et inattendu ne permet pas à la personne de s’y préparer. Dans une totale incompréhension de ce qui arrive, le cerveau met en place un système de survie qui va prolonger et compliquer le travail du deuil.

Différencier ce qui est propre au deuil et ce qui relève du TSPT

Bien que le deuil reste une expérience déchirante pour chacun d’entre nous, le traumatisme est, quant à lui, la blessure intime provoquée par un événement insupportable. Ce sont donc des phénomènes distincts qui se retrouvent entremêlés lorsqu’un événement comme un attentat, un accident de voiture, de train, un suicide nous confronte brutalement à la mort et à ses images.

Le traumatisme est l’expression des sentiments qu’ils suscitent en nous, de son impact sur notre psyché.

Cependant, les réactions mises en œuvre par notre esprit pour nous protéger de l’intolérable dans le cas d’un décès ou d’un événement traumatisant se confondent : déni, culpabilité, colère et dépression.

Mais ses réactions se différencient également lorsque nous vivons une expérience traumatisante liée à la perte d’un être aimé ou de toute autre expérience perturbante pour notre esprit :

  • Dissociation ;
  • Amnésie ou au contraire flashback des images malaisantes ;
  • Stress chronique intense ;
  • Attitudes d’évitement.

Alors que les différentes phases du deuil nous aident à nous détacher du défunt et à reconstruire notre lien avec lui, le trouble de stress post-traumatique nous enferme dans un souvenir récurrent, douloureux, répétitif : les images violentes repassent en boucle dans notre tête, ne nous laissant que peu de répit.

Se libérer des images violentes et du trouble de stress post-traumatique

Lorsque le deuil est associé au TSPT, il peut devenir pathologique, freiner l’endeuillé dans son retour au monde, donner naissance à des névroses. Il faut alors soigner ce trouble pour que nous puissions d’une part nous débarrasser de ces images traumatisantes, pour, d’autre part, retrouver l’équilibre dans la gestion de nos vies et travailler à notre deuil, à la reconstruction de ce lien précieux au défunt.

Aujourd’hui, différentes techniques psychothérapeutiques permettent de se reconstruire à la suite d’un deuil traumatique comme :

  • Les Thérapies Cognitivo-Comportementales (TCC) ;
  • L’EMDR, les thérapies psychodynamiques ;
  • L’hypnose médicale ;
  • La méditation pleine conscience ;
  • La gestion du stress…

Bien souvent, nous n’avons pas conscience de vivre un deuil traumatique : évitement, sentiment de honte et culpabilité, flashback doivent pourtant nous alerter et nous inciter à consulter.

En effet, il est crucial, pour l’endeuillé qui subit ce syndrome, comme pour son entourage, de ne pas rester isolé et seul face aux symptômes d’un deuil traumatique comme le rappelle Joëlle Saint-Auret, neuro-psychopraticienne et chercheuse : « Tout ce qui n’est pas soigné continue d’agir en nous. »

Magali Laguillaumie