Coronavirus : comment s’organisent les obsèques pendant le confinement

coronavirus-covid-19Depuis le 18 mars 2020, le confinement de la population est décrété en Belgique. Les sorties doivent donc être limitées à l’essentiel et les regroupements sont interdits.  Même lors des obsèques, le Covid-19 ne se relâche pas et nous devons absolument éviter de nouvelles contaminations. Des mesures strictes ont donc été prises.

Que dit la loi sur les rassemblements lors de funérailles en pleine crise du coronavirus ? Peut-on encore assister à un enterrement durant le confinement ?

Nous vous détaillons ce que vous avez le droit de faire et ce qui est interdit lors des obsèques en pleine crise sanitaire. 

Comment se déroulent les funérailles pendant la crise du coronavirus

Faire son deuil pendant le confinement peut s’avérer plus difficile que dans le contexte habituel. En effet, la présence de rites est une étape importante pour gérer l’épreuve douloureuse de la perte d’un être cher. Accompagner la personne décédée dans sa dernière demeure, partager sa peine avec des proches et des amis, sentir les autres près de soi pour se sentir soutenu, sont des moments qui aident à franchir les étapes du deuil et à traverser l’épreuve.

C’est d’autant plus compliqué quand le défunt était atteint de Covid-19 et que son entourage, au contact de la maladie peu de temps auparavant, doit rester confiné tant qu’il est considéré comme porteur et contagieux.

Parce que perdre un proche est particulièrement difficile, les obsèques ont été autorisées et constituent une exception à l’interdiction générale de se réunir. Elles ont été acceptées par le gouvernement mais elles sont accompagnées de mesures sanitaires très strictes :

  • Pas plus de 15 personnes en tenant compte du personnel des pompes funèbres et du personnel communal, ce qui réduit fortement les membres du cercle familial restreint
  • Pas d’embrassades ni de contacts physiques, à remplacer par de nouveaux gestes comme la main sur le cœur ou un signe de tête accompagné d’un regard
  • Respect de la distanciation sociale soit 1,5 mètre entre chaque personne
  • Pas d’exposition du corps du défunt.

La distanciation sociale est également applicable au défunt, qui peut être contagieux jusqu’à 3 jours après le décès. Les proches ne peuvent donc ni l’approcher, ni même toucher le cercueil, et ce, même si le défunt n’est pas décédé du Covid-19 puisqu’il pouvait en être porteur.

Le personnel des pompes funèbres ne peut pas être en contact direct avec les familles d’un défunt touché par le Covid-19 puisque celles-ci sont potentiellement contaminées. Ces familles doivent donc déléguer à un ami qui n’a fréquenté ni le défunt, ni la famille récemment, pour organiser les obsèques avec le service funéraire. En outre, ce personnel lui-même doit être équipé : gants, masque, ...

Les mesures liées au défunt pendant le confinement

Désormais, tous les défunts, qu’ils soient décédés du coronavirus ou non, doivent être transportés à la morgue ou au funérarium dès que le médecin a constaté le décès et établi une attestation. En effet, selon le ministre des Pouvoirs locaux, Bernard Clerfayt, toute personne décédée sans avoir été testée peut être contaminée.

Le retour des défunts à leur domicile est donc interdit : la distanciation sociale doit aussi être appliquée avant les funérailles.

Cette mesure a deux buts : compenser le manque de personnel médical, d’une part, et limiter la propagation du virus d’autre part. En effet, pour des médecins surchargés, centraliser le traitement des défunts en un seul lieu leur permet de mutualiser leurs actions et ce, dans un espace restreint.

Cette mesure, prise le 8 avril par arrêté dans la Région de Bruxelles pour une durée d’application de 2 mois, est susceptible d’être reconduite.

Par ailleurs, lorsque le défunt est décédé de covid-19 avec certitude, il n’est pas possible de le voir. Il est protégé de façon hermétique afin de ne pas propager la maladie.

Que se passe-t-il dans les crématoriums ?

Dans les crématoriums de la Région bruxelloise et de Flandre, les cérémonies sont acceptées à plusieurs conditions :

  • 10 personnes maximum
  • 1,5 mètre entre chaque personne
  • 1 banc sur deux doit rester libre
  • 15 minutes maximum
  • Aucun toucher entre personnes, ni aucun toucher du cercueil.

En région wallonne, les règles sont strictes : plus recueuillement possible et limitation du nombre de personnes.

Les urnes funéraires peuvent toujours être remises à la famille ou être dispersées au cimetière de la commune dans laquelle résidait le défunt.

Par ailleurs, des mesures de désinfection sont mises en œuvre très régulièrement pour éviter de contaminer non seulement les visiteurs mais également le personnel.

Que se passe-t-il lors d’une inhumation ?

Lors d’un enterrement, comme lors d’une crémation, la règle des 10 personnes et de l’absence de contacts physiques est de rigueur. La cérémonie ne pourra pas être organisée dans un lieu confiné, elle devra se produire en plein air. Attention toutefois au fait qu’un règlement propre à chaque cimetière est applicable.

Lors d’une inhumation ou d’une crémation, quel que soit le mode de sépulture, il est fortement déconseillé aux personnes de 60 ans et plus, ainsi qu’à celles qui souffrent de maladies chroniques, de se rendre aux obsèques.

Comment se déroulent les cérémonies pendant la crise du coronavirus

S’il est difficile, pour une famille endeuillée, d’accepter de telles mesures dans un moment aussi douloureux, il est pourtant indispensable de les respecter.

Dans les funérariums, une seule période de recueillement (1 heure) dans la même salle est possible, sur rendez-vous et elle est limitée à 5 personnes, appartenant au cercle familial. Cela évite les allées et venues au sein de l’établissement, qui engendrerait des risques supplémentaires. Le problème réside dans le fait que la loi sur la protection de la vie privée ne permet pas de vérifier quel est le degré de proximité entre le visiteur et le défunt.

Les cafés d’enterrement ou verres du souvenir, comme les repas, sont également supprimés car ils entraînaient des rassemblements peu compatibles avec la crise sanitaire. La salle de réception reste donc vide et les visites sont interdites le week-end et strictement limitées dans la durée pendant la semaine.

Quant aux fleurs, elles ne font pas partie des produits de première nécessité. Il est donc impossible d’en trouver en magasin, le seul moyen reste de cueillir celles de son propre jardin.

En ce qui concerne les cérémonies religieuses catholiques : celles-ci sont interdites. Dans les cimetières, les bénédictions sont autorisées, mais tout ce qui est utilisé pour bénir comme l’eau bénite est retiré car potentiellement vecteur du coronavirus.

Notez qu’il est possible de procéder à la crémation en l’absence des proches et de proposer une cérémonie reportée, en présence de l’urne, quand le confinement sera terminé.

Quant aux condoléances, mieux vaut les présenter par téléphone, par mail ou par courrier.

Affronter un deuil en période de confinement est compliqué. Il est important de continuer à communiquer par téléphone, mail, vidéo ou par tous les moyens technologiques mis à notre disposition. Les personnes âgées ont souvent plus de mal avec les modes de communication modernes, il est important de les accompagner, même au téléphone, pour mettre en place de nouvelles façons de rester en contact et ne pas les laisser isolées.

En cette période de confinement, 80 poètes et poétesses belges ont monté un collectif, appelé Fleurs de funérailles. Ils écrivent pour les défunts et leurs proches afin de compenser l’absence de réelle cérémonie et permettre tout de même d’offrir un hommage digne.

Emma Ménébrode