Les symptômes physiques du deuil : quand notre corps subit aussi la perte de l’être aimé

symptomesLorsque le décès survient, nous passons par les étapes du deuil. Notre corps peut développer des symptômes, dont certains servent à nous protéger : cette mesure de survie nous évite de sombrer lorsque ceux que nous aimons disparaissent. D’autres signes somatiques, quant à eux, nous alerteront sur l’urgence de prendre soin de nous et de laisser notre peine s’exprimer.

Des hormones apaisantes

À l’annonce du deuil, nous nous sentons apathiques, une importante lourdeur s’empare de notre corps, ainsi qu’une sensation de froid. Nous avons aussi le sentiment que le temps s’est arrêté, que si les aiguilles continuent leur course sur la grande horloge de la vie, nous vivons un temps à part, un temps disparu. Dans cette bulle que construit notre corps, nous sommes à l’abri, quelques minutes, quelques heures, du chagrin que provoque la perte de celui que nous avons chéri.

D’autres signes physiques, semblables aux manifestations traumatiques peuvent apparaître comme des bourdonnements d’oreilles, une vision brouillée, des insomnies. Ce sont tous des symptômes de l’état de choc ou du stress post traumatique.

Il est préférable, afin que cet état second ne perdure pas, que l’endeuillé soit soutenu par une personne aimante et attentive qui la ramènera lentement de cette torpeur.

Traverser le deuil engendre parfois d’autres manifestations physiologiques comme :

  • Des difficultés à avaler ;
  • Un sentiment d’oppression de la poitrine ou de la gorge ;
  • Une sensibilité aux bruits accrus ;
  • Des tremblements ;
  • Des bouffées de chaleur ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Des palpitations cardiaques ;
  • De l’hypertension artérielle ;
  • Des migraines et des maux de tête…

S’ils disparaissent progressivement au cours du processus de deuil, ces symptômes peuvent perdurer et entraîner des risques pour notre santé.

L’ensemble de notre corps réagit à l’annonce d’un décès

Lorsque le corps subit un stress, il réagit tout autant que notre psyché. La perte d’un être cher agit sur nos différents organes, sans que nous en ayons forcément conscience. Pourtant, cœur, glandes surrénales, système immunitaire et cerveau manifestent la tristesse que nous nous refusons parfois à exprimer comme le rappelle cet article du Huffington Post.

L’élévation du rythme cardiaque et de la pression artérielle mettent en danger notre propre vie. Les affections cardio-vasculaires sont les causes de décès les plus importantes lors du deuil du conjoint. Il ne faut donc pas hésiter à consulter notre médecin lorsque nous souffrons déjà d’un syndrome cardiaque.

Problèmes digestifs et insomnies sont provoqués par l’afflux de cortisol généré par nos glandes surrénales. Au-delà de six mois, ces symptômes disparaissent heureusement.

Lorsque nous traversons le deuil, notre système immunitaire est affaibli. Si vous ou l’un de vos proches souffrez d’une maladie chronique, il est plus que primordial de s’assurer de prendre correctement les traitements prescrits.

Peu après le départ du défunt, notre cerveau nous joue des tours. Nous oublions des choses et connaissons des difficultés de concentration. Tout notre être est happé par le souvenir du disparu. Il faut toutefois retenir que ces troubles ne devraient pas durer plus de quelques mois, au-delà d’un an, il est important de consulter.

Le deuil a un réel impact sur notre santé. De nombreuses études prouvent que la perte de l’être aimé augmente les risques pour les personnes cardiaques ou diabétiques et pour toute maladie chronique. En cause, notre peine et notre difficulté à prendre soin de nous lorsque tout notre être voudrait que le défunt soit encore à nos côtés.

Prendre soin de soi malgré l’affliction

Éprouvantes moralement comme physiquement, les émotions portées par la mort d'un proche nous font parfois oublier l’indispensable : nous nourrir et nous hydrater. Ces gestes essentiels de la vie demeurent nécessaires pour rééquilibrer notre organisme et éviter la sous-alimentation.

Le souvenir du défunt nous accapare, mais ne doit pas nous empêcher de prendre soin de nous et de ceux qui nous entourent. Il n’est pas rare, lors du décès du conjoint, que le parent survivant perde tous ses repères. Il devient alors vulnérable à la dénutrition, la surconsommation de médicaments ou d’alcool et à l’isolement. Nous devrons donc être particulièrement attentifs à tout élément signant une dégradation de son état physique.

De même, si l’un de nos enfants – adultes ou non – développe les symptômes précités, nous nous devrons d’être à l’écoute afin de l’aider à exprimer ses sentiments.

Reprendre nos habitudes de vie, s’astreindre, même lorsque cela nous paraît vain, à prendre soin de notre corps en s’alimentant et s’hydratant correctement, dormir et nous reposer sont plus que nécessaires lorsque nous sommes en deuil. Si nous souffrons d’une maladie chronique, conserver des habitudes saines nous permettra de suivre convenablement nos traitements et de ne pas mettre notre santé en danger.

Rappelons-nous toujours que les maux physiques du deuil sont avant tout l’expression de sentiments que nous refoulons. Ce n’est qu’en les verbalisant que nous pourrons les atténuer, continuer notre travail de deuil et notre retour au monde. 

Magali Laguillaumie