Les funérailles sur les autres continents

Funérailles sur un autre continentDans la plupart des pays d’Europe, les funérailles consistent en une communion dans la tristesse et les regrets. Sur les autres continents, la mort n’est pas toujours appréhendée avec cette notion de perte. Elle ne constitue pas une fin en soi mais un passage, voire un commencement.

Nous ne pourrons, bien sûr, pas faire un tour du monde des rites funéraires avec exhaustivité tant il existe de croyances et de coutumes, mais nous étudierons ceux qui s’éloignent de la vision européenne afin d’élargir notre connaissance et notre point de vue sur la mort.

Découvrons donc ce qui se passe sur les autres continents lors du dernier hommage au défunt.

Les rites funéraires en Océanie, l’aquamation et les cimetières verts

Pour les aborigènes australiens, un être humain est constitué d’éléments à la fois spirituels et physiques qui se séparent à la mort. Certains se réincarnent et cela se produit en des lieux sacrés.

Ainsi, dans le désert de Kimberley, par exemple, les « esprits enfants » sont réincarnés dans des nourrissons qui reprennent des esprits existants, lorsqu’une femme passe dans un endroit sacré.

Chacun de ces esprits devient un totem, associé à un animal ou un végétal. A la mort, une partie de l’esprit enfant retourne dans son site sacré pour une nouvelle incarnation, une autre dans l’au-delà et enfin un autre encore retourne à la terre. Cette dispersion se fait grâce aux rites. Le nom du défunt ne doit jamais être prononcé pendant le deuil qui peut s’étendre sur plusieurs mois. Le corps est peint puis laissé à l’écart. Chants et danses accompagnent les funérailles.

Plusieurs mois après, une seconde cérémonie a lieu, les ossements sont recueillis, nettoyés et peints puis rangés dans un réceptacle. Chez les aborigènes, le principe de réincarnation fait découler une pensée selon laquelle chaque individu réactive une mémoire passée.

Le corps n’est jamais enfoui, mais au contraire, mis en hauteur, visible, en haut d’une colline par exemple, pour s’ancrer dans la mémoire collective. Il est un élément de transition entre le passé, le présent et le futur. Le corps du défunt est perçu comme dynamique et non inerte comme en Europe.

Vecteur de souvenirs et de messages destinés aux vivants, le mort est toujours en interaction avec les vivants, dans un lieu sacré auquel il est rattaché, notamment par les rêves. Le rêve tient une place très importante chez les aborigènes d’Australie.

Outre les rites aborigènes, on trouve en Australie le rite de l’aquamation : le corps est plongé dans un bassin d’eau chaude, de carbonates et d’hydroxydes qui procèdent à sa dissolution. Après quelques heures, ne restent que les os, proposés aux familles comme le seraient les cendres après une crémation. Utilisé d’abord sur les animaux, il s’est développé sur les humains dans un but écologique.

Enfin, l’Australie est particulièrement innovante dans les rites funéraires : elle propose également des cimetières verts, notamment à Sydney. Les défunts sont inhumés dans des vêtements biodégradables et sans pierre tombale afin que le corps revienne totalement à la terre. Ces nouveaux modes d’inhumation commencent à se développer en Belgique.

Les derniers honneurs en Afrique : quand il existe une vie après la mort

Un proverbe africain dit « La mort est l'aînée, la vie sa cadette. Nous, humains, avons tort d'opposer la mort à la vie »

Les rites funéraires en Afrique varient selon les pays et régions du continent.

Cependant, on retrouve souvent la notion d’une vie après la mort. Les funérailles mettent donc en avant les qualités du défunt, valorisé car considéré comme n’étant pas mort.

Le deuil apparaît souvent comme un moment festif, lors duquel le défunt voyage vers l’autre monde. Lors des funérailles, les gens se rassemblent pour manger, boire, chanter, pleurer et danser autour du défunt. Jamais le mort n’est isolé. Le deuil varie toutefois selon l’âge du défunt : plus il est âgé et productif, plus le deuil est social et important. Généralement, les rassemblements durent plusieurs jours et peuvent donner lieu à des fêtes somptuaires.

Le rite de retournement des morts (famadihana), à Madagascar, est particulièrement parlant, sur la notion d’esprit encore vivant chez les défunts et de culte porté aux ancêtres : on ouvre les caveaux familiaux pour changer le linceul des morts lors d’une grande cérémonie collective. Cette cérémonie est aussi le témoignage, de la part des vivants, d’un refus d’oublier leur défunt sous terre.

Les obsèques en Amérique : l’exemple des amérindiens

Il existe de nombreuses tribus et familles amérindiennes. Focalisons notre attention sur les Navajos, peuple essentiellement situé en Arizona et Utah.

La mort, chez les Navajos, n’est pas considérée comme source de tristesse mais comme un moment de fête. Elle représente une renaissance.

Les Navajos procèdent donc lors du décès à un rite initiatique : jeûne total de plusieurs jours dans la méditation et la solitude et lors duquel des visions des vies passées, présentes et futures apparaissent.

Les rites visent à éviter que les défunts ne reviennent chez les vivants. C’est pourquoi, lorsqu’une personne décède, elle est isolée de la plupart des autres membres à l’exception des plus proches et du chaman, qui peuvent faire face aux mauvais esprits.

Le corps est ensuite inhumé dans l’intimité : 4 hommes seulement accompagnent le défunt. Puis ils détruisent le matériel utilisé pour enterrer le défunt.

Personne ne doit pleurer car cela empêcherait l’esprit de rejoindre l’autre monde.

Les funérailles bouddhistes en Asie 

Les funérailles bouddhistes sont généralement sobres. La mort n’est qu’un passage et non une perte. Il n’y a pas véritablement de mort puisque l’esprit du défunt continue de vivre.

En effet, il se réincarne après 40 jours et, selon les méditations et son karma (la sommes des actions qu’il a commises), il doit atteindre le Nirvana, état d’Éveil.

Plusieurs étapes ont lieu au décès : le corps est préparé et mis dans la position de Bouddha (ou position du « lion couché »). Le crâne est le premier endroit touché après la mort afin que l’esprit puisse quitter le corps. L’entourage ne doit pas témoigner de sa peine au risque de retenir le défunt.

Celui-ci est ensuite transporté au monastère. Des mantras et des prières seront récités par les moines, et il est procédé au rite de transfert des mérites afin de favoriser une réincarnation favorable. En effet, les actions positives (les mérites) commises quand le défunt était en vie, sont alors transférées par le passage de liquide d’un récipient vers un autre.

Il est ensuite procédé à la crémation, qui est le mode funéraire utilisé dans les rites bouddhistes.

Les cendres sont le plus souvent conservées dans les pagodes.

Après cet aperçu géographique de différentes funérailles, découvrez un aperçu historique des rites funéraires. Quelle que soit votre spiritualité, les pompes funèbres Dubois et Tanier vous accompagnent, notamment avec notre 5ème engagement parmi les 10 que nous avons pris.

Emma Menebrode