Quand l’histoire des funérailles retrace l’évolution de l’humanité

Des rites funéraires préhistoriques à nos obsèques contemporaines

Les funérailles à travers l'histoireLa notion même de vie est subordonnée à celle de la mort qui n’en demeure pas moins difficile à affronter pour l’être humain. Très tôt, l’Homme a donc mis en place des rituels pour pouvoir accompagner ses défunts vers un ailleurs.

Les rites funéraires ont évolué au fil du temps, sous l’influence de la religion, de la culture et des mentalités. Depuis les sépultures dites primaires jusqu’aux derniers honneurs que l’on pratique aujourd’hui, l’histoire des funérailles est étroitement associée à notre propre histoire, avec sa sociologie et même sa politique.

Retournons jusqu’à l’origine des premiers rites funéraires afin de comprendre nos obsèques contemporaines.

Les funérailles depuis les sépultures primaires jusqu’aux mégalithes

Les premiers rites funéraires à l’époque préhistorique

Les premières sépultures remontent à 100 000 ans, au Proche-Orient (Israël et Egypte).
En Europe, on les date à 50 000 ans av. J.-C.

Les archéologues associent à cette période les premiers rites funéraires pour trois raisons :

  • le corps est recouvert de matériaux autres que la terre ;
  • dans une position spécifique ;
  • accompagné d’objets qui laissent penser à des offrandes.

 Il s’agit de sépultures primaires : les ossements ont été déposés ensemble au même moment.

Dans les sépultures secondaires, les ossements ont été transportés avant d’être inhumés. Souvent, le crâne a subi un traitement particulier et des gestes funéraires ont été pratiqués ce qui laisse penser à un rite de type religieux.

L’Homo sapiens comme l’homme de Néandertal enterraient déjà tous deux leurs morts.

Des nécropoles aux mégalithes : des rites funéraires plus complexes

Vers 9000 ans av. J.-C, l’Homo Sapiens se sédentarise et ses pratiques funéraires se complexifient. En s’organisant en villages, il peut prévoir des espaces réservés à ses défunts. Dans un premier temps, les morts sont enterrés à l’intérieur même des maisons ou à côté. Ils sont ensuite rassemblés dans les premières nécropoles. On retrouve l’une d’elle en France en Charente Maritime à La Vergne.

Une nécropole est un ensemble de sépultures réunies dans un lieu délimité et présentant un lien chronologique étroit.

A l’ère Néolithique, vers – 5 000 av. J.-C en Europe occidentale, apparaissent les premiers mégalithes (dolmens, menhirs) que l’on retrouve nombreux en France, notamment en Bretagne.

Le menhir n’a pas de fonction funéraire.

Le dolmen, lui, est une tombe individuelle ou collective recouverte par un tumulus (en terre) ou par un cairn (en pierre). Le dolmen nord de Wéris, classé au patrimoine exceptionnel de Wallonie, est plus récent (-3 000 av. J.-C) et se présente sous forme d’une allée couverte.

Ces mégalithes, aussi impressionnants que monumentaux et mystérieux, regroupaient des défunts très certainement dépositaires du pouvoir.

Malgré les nombreuses questions qui restent actuellement sans réponse à propos de ces sépultures, ces dernières témoignent d’une activité mortuaire dense. Elles sont le résultat d’un travail titanesque et d’une organisation sociale rigoureuse.

Les funérailles depuis les pyramides Égyptiennes jusqu’à nos dernières demeures

Les rites funéraires dans l’Égypte antique, la vie après la mort

Pour les Égyptiens, il y avait une vie après la mort. Les 3 éléments, la pensée, l’esprit et la force avaient besoin du corps pour s’animer d’où le processus de momification et de conservation.

Les funérailles se déroulaient devant un prêtre qui célébrait la cérémonie selon le rituel du Livre des morts. Il descendait ensuite la momie dans son caveau. Les offrandes alimentaires visaient à calmer la faim du mort. Une table d’offrandes en pierre prenait le relais pour le nourrir quand plus personne ne venait l’approvisionner.

3 étapes constituaient le rite funéraire :

  • l’embaumement ;
  • la momification ;
  • l’ouverture de la bouche.

C’est à cette époque qu’apparaissent les pleureuses, chargées de feindre un grand chagrin pour rendre hommage au défunt.

Enfin, le jugement devant Osiris, qui pesait le cœur (organe représentant la conscience), débouchait sur une mort définitive ou sur la vie éternelle.

La momification était un processus coûteux réservé aux plus riches, pratiqué par les prêtres embaumeurs au sein des nécropoles.

Les vestiges les plus représentatifs des funérailles égyptiennes sont bien entendu les célèbres et impressionnantes pyramides construites à partir de -2700 avant Jésus-Christ. Elles témoignent de la splendeur d’une civilisation.

Les rites funéraires de l’Antiquité à l’époque moderne, l’influence de l’Église

L’incinération existe parallèlement à l’inhumation durant l’Antiquité mais les funérailles sont très différentes selon que le défunt appartient aux patriciens (détenteurs du pouvoir) ou aux plébéiens (petit peuple). Les nécropoles réunissent les riches défunts à l’extérieur des villes, le long des routes, conformément à la Loi des XII tables.

Parallèlement au développement de la religion Chrétienne, l’incinération s’efface au profit de l’inhumation, qui rend hommage au Christ. Le déclin de l’Empire Romain, en 476, voit disparaître la crémation.

C’est au haut Moyen-Âge que l’Église fixe les pratiques funéraires religieuses. Elle est soutenue par les rois, notamment Charlemagne. Les nécropoles laissent place aux cimetières qui entrent progressivement dans les villes et deviennent même un lieu de vie sociale, malgré les problèmes de salubrité qu’ils engendrent.

Au Moyen-Âge, l’Église ne peut plus faire face aux nombreux enterrements résultant des épidémies et commence à déléguer l’organisation des funérailles à des « sociétés charitables ».

Les pauvres sont enterrés dans les fosses communes situées autour des édifices religieux et des hôpitaux.

L’accumulation des corps intra-muros pose très longtemps des problèmes de salubrité publique.

Ce n’est finalement qu’à la fin du XVIII è siècle que les inhumations sont interdites dans les églises.

En France, le scandale du cimetière des innocents, en 1780, dans lequel on inhume depuis 1000 ans, et dont les murs s’effondrent pour laisser se déverser les cadavres, met au jour le danger des cimetières en plein centre-ville. Les ossements sont alors transférés dans les catacombes de Paris durant plus d’un an.

La Révolution Française, dès 1791, interdit définitivement les cimetières intra-muros, les prêtres sont persécutés et les sociétés charitables dissoutes.

La réforme des cimetières et des funérailles est véritablement lancée par Napoléon en 1804 et s’étend sur une portion de l’Europe : les rites évoluent, l’acquisition de concessions devient possible et dès 1889, la crémation est de nouveau autorisée bien que le pape l’ait interdite aux Catholiques en 1886. C’est seulement en 1963 que le pape lève cette interdiction et à partir de 1976 que ce mode de sépulture se multiplie pour marquer un véritable tournant dans les funérailles. Il modifie les obsèques en profondeur et influence le changement d’aspect des cimetières avec le développement de cinéraires.

Ainsi, les rites funéraires ont suivi de près l’évolution de nos mentalités. Ils sont les témoins de notre histoire et continueront de se transformer avec nous.

Les funérailles Dubois & Tanier se sont totalement adaptées pour vous accompagner au plus près dans les démarches liées à la crémation. Nous proposons aussi, depuis plus d’un siècle, un service d’inhumation assorti de conseils avisés.

Emma Menebrode